Topophilia est une installation sonore composée de deux vases en céramique, dispositifs d’écoute pour un lieu dont on se souvient mais qui est devenu inaccessible. Chaque vase contient un haut-parleur et transmet une archive personnelle d’enregistrements réalisés dans une ville côtière ukrainienne avant son occupation. L’un porte des traces étouffées de voix humaines, l’autre des sons d’environnement. La mer, les voitures, les trains de charbon qui définissaient la texture sonore de la ville.
Le titre du projet renvoie à la notion de topophilie, un terme introduit par le géographe Yi-Fu Tuan pour décrire le lien affectif entre les personnes et les lieux, les attaches émotionnelles et sensorielles qui relient une personne à son environnement. Dans ce travail, le lien émotionnel est entretenu par des archives sonores d’un territoire qui n’existe plus tel qu’on s’en souvenait.
La personne qui regarde est invitée à s’approcher des vases sonores, ce qui crée une intimité. Écouter, à travers un son étouffé et la vibration de souvenirs personnels. Les vases fonctionnent comme des infrastructures pour maintenir une relation à une géographie transformée. La rupture politique et territoriale, la mémoire, sont traduites en une pratique matérielle d’écoute. Le son devient une manière de garder un certain lien avec un lieu quand la possibilité d’y retourner a disparu.


